Friday, March 25, 2005

"ne pas arriver à la cheville de quelqu'un"


Pas la peine de se mettre sur la pointe des pieds, ça ne change rien! Posted by Hello

« Ne pas arriver à la cheville de quelqu’un », j’adore ce genre d’expression qui semble si innocente mais qui vous prend par surprise au moment où on s’y attend le moins. Certes, cette locution semble bien concerner un sujet en dessous de la ceinture mais si vous saviez à quel point ?!
La disproportion évoquée ici sous forme imagée pour expliquer l’infériorité patente entre deux êtres est évidente tant la cheville se situe vraiment en bas de l’anatomie humaine. Cela dit, pourquoi ne pas avoir utilisé le pied, qui est encore un étage au dessous ? La taille est elle vraiment un critère fiable de comparaison quand on sait que l’esprit est souvent bien plus utile ? L’explication de l’utilisation de la cheville dans cette expression tient au fait que ce n'est pas véritablement de cette partie du corps dont il est question ici. Alors sur quel élément, les hommes peuvent il bien baser leur comparaison pour que celle-ci soit indiscutablement irréfutable (je sais, pléonasme)? Vous avez bien entendu deviner ; cheville désignait en ancien français, sous forme de métaphore, le pénis !
J’entend déjà les commentaires de certains, voire certaines, qui vont me demander si l’expression « avoir les chevilles qui enflent » connaît la même histoire. Je vous laisserai donc à vos suppositions.

Monday, March 21, 2005

"Tenir la chandelle", attention où vous mettez les mains... et le reste


Posted by Hello un truc pareil, ça doit occuper en attendant que ça passe!

Il nous est tous arrivé au moins une fois dans notre vie de se retrouver dans la position, parfois embarrassante et certainement barbante, de celui qui « tient la chandelle ». Souvenez-vous ce genre de soirée ou deux êtres n’ont d’yeux que l’un pour l’autre et où vous n’êtes ni l’un ni l’autre et où vous vous demandez pourquoi vous avez accepté de les accompagner. La prochaine fois que vous vous trouverez dans cette situation inconfortable et que vous cherchez un moyen de vous enfuir pour laisser les deux amoureux se bécoter, vous pourrez toujours leur servir sur un plateau l’origine de l’expression « tenir la chandelle » qui peut se résumer de la façon suivante :
Comme vous le savez, l’éclairage électrique est une invention récente mais le besoin de lumière est une quête humaine qui remonte à la nuit des temps. La fornication nocturne a eu souvent le noir total comme décor, au mieux un rayon de lune. Or pour des raisons aussi diverses qu’avariées, certaines personnes ont trouvé nécessaires de pouvoir éclairer leurs ébats et accouplements. L’exemple le plus connu étant celui des nuits de noces, notamment royale, où il fallait bien vérifié la virginité supposée de la future maman du digne héritier. Des personnes patentées (pas tentées du tout d’ailleurs) avaient alors l’autorisation d’assister à la scène et un valet les y aidait en tenant prés du lit un chandelier toutes bougies allumées. L’employé, pour ne pas être tenté (il n’avait pas de patente lui), devait alors tourner le dos tout en assumant patiemment sa tâche de tenir les chandelles.
L’expression désigna donc d’abord ces personnes présentent lors d’ébats sexuels, avant d’être utilisé, l’électricité ayant bannie ces pratiques ancestrales, pour des ébats plus innocents de nos jours (quoique).
Et maintenant que vous avez raconter cette histoire au couple que vous accompagnez, vous l’avez votre excuse pour vous éclipser ?

Friday, March 18, 2005

"tailler une bavette", qui a dit de ne pas parler la bouche pleine?


parler et écrire en même temps, une utopie? Posted by Hello

Les bavards impénitents, dont il m’arrive parfois, au moins virtuellement, de faire partie, sont très fréquemment pris en flagrant délit de « tailler une bavette ». L’expression est connue mais son origine pourrait prêter à confusion. En effet, il ne s’agit ici aucunement de parler du morceau de viande que vous préparerait un bon boucher bien de chez nous ni de la conversation que vous pourriez avoir avec cette artisan pendant qu’il manipulerait hachoirs et couteaux.
Il y a bien entendu un rapport avec la bouche, mais la bavette désigne, en fait, la bave, mot utilisé en langage populaire du moyen-âge pour exprimer la salive. Comme il est bien connu que parler nécessite l’utilisation intensive de ce liquide produit par notre corps, la bave a souvent été associé aux activités verbales. Quand au verbe tailler, il faut le prendre dans le sens manuel de débiter (du bois par exemple), ce qui nous donne une image de personnes parlant entres elles comme débitant de la salive.
Je dois bien avouer que cette locution n’a pas des origines aussi rocambolesques que d’autres expliquées auparavant dans ce site mais elle permet de réfléchir au moins sur deux autres locutions amusantes :
Que penser effectivement de : « la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe ». Est ce à dire qu’ils ont un problème linguistique ?
Et dans « tailler une pipe », qu’est ce qui est débité ?

Monday, March 14, 2005

"mener une vie de bâton de chaise", ne pas hésiter à lever le pied de temps en temps


un modèle décapôtable tout confort, diesel, air bag de série et lecteur cd. Posted by Hello


Blogger ou pas, nous sommes nombreux, poussés par une société en marche nous obligeant à la suivre , à devoir toujours courir en tout sens par monts et par vaux. Moi même, il m’arrive de « Mener une vie de bâton de chaise », à mon corps défendant. Je fais quand même toujours en sorte que ces périodes soient les plus brèves possibles, pour permettre à mon esprit de se ressourcer et aussi pour avoir le temps de vous écrire, chers lectrices et lecteurs, les articles que vous attendez avec une impatience fébrile (je sais, on peut toujours rêver, n’est ce pas ?).
L’expression « mener une vie de bâton de chaise » a encore une fois la particularité amusante de nous mener sur une fausse piste. En effet, quoi de plus stable, immobile et reposant qu’une chaise ? Que fait ce meuble dans une expression exprimant un certain mouvement ?
Pour le comprendre, il suffit de revenir quelques siècles en arrière, lorsque les transports en commun se limitaient à des carrosses brinquebalants mal famés (à part cendrillon peut être, et encore, avant minuit) et que les transports individuels demandaient un minimum de connaissances équestres et un équipement ad hoc. Comme certaines des élites de l’époque souhaitaient pouvoir se déplacer rapidement sans pour cela accepter une génante promiscuité avec leurs congénères ou bien avec un membre des meilleurs amis de l’homme, il fût inventé un moyen de locomotion astucieux et pratique, ne demandant que peu de compétences techniques, ni aux passagers ni aux conducteurs. Je veux parler ici de la fameuse chaise à porteurs qui, avec deux bâtons placés de chaque côté et dépassant à l’avant et à l’arrière, permettait à deux solides gaillards, accoutrés avec raffinement, de transporter une personne à travers les ruelles de la cité avec la rapidité et la grâce que vous pouvez imaginer. Cette ancêtre du taxi serait d’ailleurs très appréciable de nos jours tant il est pétri de qualité : protecteur de l’environnement, générateur d’emploi, développeur de musculature, …
Toujours est il que les fameux bâtons servant à soutenir ce véhicule étaient secoués dans tous les sens, transbahutés dans tous les lieux, démontables et souvent utilisés comme arme. Bref, ils menaient une existence très agitée et la métaphore s’appliqua donc fort logiquement aux individus ayant eux-mêmes une vie mouvementée.
Ne pourrait on pas se demander toutefois pourquoi l’expression n’est pas plutôt « mener une vie de porteur de chaise » car il fallait probablement une sacré santé pour assumer pareil emploi ?
Sur ce, je vais d’un pas alerte, avec promptitude et célérité, finir ma sieste, à bientôt

Wednesday, March 09, 2005

"sauter du coq à l'âne", un peu de poésie pour changer!


n'a t il pas un oeil qui pétille d'intelligence et de clairvoyance? Posted by Hello

L’expression « sauter du coq à l’âne » est intéressante sur le point linguistique, enfin surtout pour celles et ceux qui lisent et comprennent le vieux français, surtout les patois locaux du moyen âge, autant dire la majeure partie de mes fidèles lecteurs à la culture et l’intelligence sans égales. J’ai mis volontairement un peu de cirage dans cette phrase d’introduction pour accrocher votre attention, efficace, n’est ce pas ?
Pour en revenir aux deux animaux de cette locution, il faut signaler que, si le coq est bien l’animal dont nous entendons parfois dans les vertes campagnes le doux chant matinal (si, si, souvenez vous, c’est juste avant le coup de fusil supposé lui clouer le bec), l’autre animal, en revanche, renvoie vraisemblablement à un autre habitant de la basse cour : la cane, dont l’orthographe originelle, « asne », était similaire à celle de l’ancienne façon d’écrire l’âne (l’accent remplaçant le feu « s »). Pour des raisons évidentes de facilités linguistiques, les deux noms évoluèrent pour que l’on puisse les distinguer phonétiquement.
En attendant ces changements, le fermier avait déjà pu observer les mœurs et coutumes de ces volailles pour constater que le coq, s’il avait bien un timbre digne des plus belles voix de « pop star », n’en n’avait pas moins un discernement et une clairvoyance aussi peu développées que les meilleurs candidats de « l’île de la tentation ». Il se trouve que ce fier animal, très porté sur la chose, sautait (saillir en français ancien) sur toutes les poules qui passaient à portée de ses faveurs. Il lui arrivait cependant parfois de se tromper et de prendre une cane pour favorite ce qui le mettait dans une « position » inconfortable et surtout l’obligeait à interrompre un coït sans espoir de conclusion positive. Cette attitude incohérente fût alors utilisée pour désigner les personnes parlant de la même façon (incohérente) et manquant de suite dans les idées. A noter que l’expression a gardé l’ancienne orthographe de cane probablement par soucis d’esthétique phonétique.
Avec tout ça, je suis en train de me souvenir que mon signe astrologique chinois est le coq, n’aurais je pas un peu de soucis à me faire ?

Monday, March 07, 2005

"avoir un coup de pompe", rien que le titre me fatigue


Ne pas déranger, sportif au repos! Posted by Hello

Les lecteurs assidus de ces lieux le savent déjà, les autres le découvriront rapidement, les expressions sont parfois trompeuses et leur origine peut parfois être à contre sens ou à contre pied de ce qu’elles paraissent. Parmi celles-ci, « avoir un coup de pompe » semble bien un de ces exemples les plus remarquables.
Effectivement, à première vue, les mots de cette expression évoque vraisemblablement le milieu sportif et, plus précisément, la bicyclette. C’est d’ailleurs, il faut bien l’avouer, dans ce monde de la chambre à air qu’elle a pris toute son envergure pour être transmise par la suite à notre langage courant. Cela dit, force est de constater qu’il y a là un illogisme flagrant puisque un « coup de pompe » évoque un état de fatigue avancé alors que la pompe, accessoire indispensable de l’utilisateur de la petite reine, permet au contraire de regonfler les pneus et de repartir ainsi avec plus d’ardeur sur les pentes du mont Ventoux. Pourtant, il s’agit bien des coureurs du Tour de France, qui, dans la première moitié de ce siècle utilisaient le plus souvent cette expression.
A qui l’avaient ils empruntés ? Tout simplement aux premiers aviateurs qui, reconnaissons le, étant donné les moyens de l’époque, pourraient être eux aussi qualifiés de sportifs inconscients. Lorsque les premiers de ces fous commencèrent à traverser les mers et les océans, ils furent confrontés aux éléments et découvrirent de nouvelles sensations. Une d’entres elles, que la plupart d’entres vous connaissent et qui a dû à vous aussi vous procurer quelques frissons, est le phénomène des trous d’air. Lorsque leurs aéroplanes, faits de bois et de tissus, rencontraient ces mini dépressions, ils perdaient, comme nos avions modernes pourtant plus solides, soudainement de l’altitude, pour remonter par la suite, jusqu’au prochain trou d’air. Cette succession de haut et surtout de bas, qui devaient faire penser aux pilotes que leur dernière heure était arrivée, évoquaient pour eux un élément de transmission du moteur de la machine volante. Cette perte d’altitude fût donc appelée un « coup de pompe » et elle dû plaire par la suite aux cyclistes qui la reprirent à leur compte.
Quand à moi, tout ce sport, de bon matin, m’a épuisé, j’ai un petit coup de barre et je vais me reposer.

Thursday, March 03, 2005

"reprendre du poil de la bête", au sens propre ou au sens figuré?


elle est pas belle ma pharmacie? Posted by Hello

L’expression « reprendre du poil de la bête » semble, à première vue, relativement simple quand à son origine tant l’image d’une personne retrouvant sa bonne santé et sa bonne mine peut facilement être comparée à une sorte de vitalité animale. Et pourtant, encore une fois, il faut raisonner beaucoup plus finement et, surtout, remonter très loin dans le temps, pour trouver la véritable explication de cette locution, très exactement à l’époque de la Rome antique !
Nombreux sont ceux d’entre vous qui ont dû au moins une fois dans leur vie connaître les lendemains de fêtes difficiles, lorsque l’abus d’alcool, après vous avoir fait perdre vos esprits pendant toute une soirée, vous rappelle douloureusement la présence d’un cerveau dans votre crâne au petit matin. Pour guérir cette « gueule de bois » (l’expression vient de la texture un peu pâteuse de la langue au réveil), un vieux principe, qui guide souvent le genre humain, consiste à nous conseiller la consommation (raisonnable) d’un alcool pour « guérir le mal par le mal ». Cette pratique nous viens en fait d’une croyance remontant donc au romain (qui a dit, "ils sont fous ces romains"?) selon laquelle, lorsque vous étiez mordu par un chien, le meilleur moyen de vous soigner, de cautériser la plaie et (peut être !) d’éviter l’infection, voire la gangrène, était tout simplement de placer sur la blessure des poils de la bête coupable de la morsure. L’histoire ne dit pas si cela était valable avec tous les animaux. En tout cas, si c’est réellement efficace, il est plus facile de comprendre pourquoi les morsures de serpent, animal à la toison si rare, sont si dangereuses !
Sur ce, je vais aller promener mon poisson rouge, il n’a pas de poil pour me soigner mais pas de dent non plus pour me mordre. A bientôt

Wednesday, March 02, 2005

"tenir le haut du pavé", attention où vous marchez!


et encore, vous n'avez pas l'odeur! Posted by Hello

L’expression « tenir le haut du pavé », désignant une situation socialement supérieure, est, une fois encore, une bien belle illustration des liens étroits qui unissent l’histoire (la petite ou la grande) et l’évolution du langage.
Vous n’êtes certainement pas sans savoir que les rues des cités d’autrefois étaient structurées de façon beaucoup plus simples et archaïques que de nos jours. Pas de piste cyclable ni de couloir d’autobus, les artères ne comprenaient à l’origine qu’une seule voie constituée de pavés. Les mœurs d’alors en faisaient en outre un véritable lieu de vie plus qu’un axe de déplacement. Les principes de l’assainissement étaient eux aussi des plus rudimentaires, ils consistaient à construire ces rues avec une forte pente des côtés vers le milieu afin de récupérer les eaux usées (et, à l'époque, ils savaient bien les "usées" jusqu'au bout ) et de les faire s’écouler. Pour éviter de patauger dans le « bouillon de culture » ainsi obtenu et pour se tenir le plus éloigner possible des odeurs nauséabondes qui devaient s’en dégager, la meilleure tactique était donc de longer les façades sur la partie la plus haute de la route.
Jusque là, tout semble simple ; mais la situation pouvait se compliquer lorsque deux individus se croisaient sur un même côté. Il fallait bien, sauf collision inévitable, qu’un des deux se décide à modifier sa position pour redescendre et se rapprocher du fossé boueux. Entraient alors en compte tout un arsenal de règles de bienséances, de privilèges et de codes qui conduisaient celui qui avait le rang le plus élevé à rester sur la partie haute des pavés.
L’histoire ne s’arrête pourtant pas là car lorsque les trottoirs furent aménagés, la raison en était essentiellement pour réserver la partie centrale de la chaussée aux véhicules roulants. Les « petites gens » se virent donc refouler sur les côtés et, depuis, les trottoirs traînent une mauvaise réputation (ne serait ce que l’expression « faire le trottoir ») alors qu’ils correspondent à ce qu’utilisait notre élite sociale d’autrefois.
d'où la théorie de la relativité par rapport aux temps ... historiques