Thursday, February 10, 2005

"Ne pas être dans son assiette", beurps! Pardon!


Un doute m'habite! Où est passée la fourchette? Posted by Hello

L’origine de l’expression « ne pas être dans son assiette » est intéressante à plusieurs titres. Effectivement, celle ci désignant un état de santé provisoirement précaire, cette évocation de l’ustensile de cuisine, pourrait nous faire penser qu’elle a vu le jour par association avec les talents culinaires improbables de certains membres de la grande famille des cuisiniers. Que nenni ! Celle ci n’a (pratiquement) pas de rapport avec le contenu, ni même avec le contenant.
Pour bien comprendre, il faut vous imaginer au moyen âge, lorsque seigneurs et chevaliers festoyaient et ripaillaient sur de grandes tables remplies de plats aussi subtiles et raffinés que des sangliers rôtis, des moutons embrochés, des cuisses de bœuf grillées, tout cela accompagné d’une bonne petite piquette de l’époque ! Pour ajouter à la convivialité ambiante, déjà bien chauffée par les troubadours, trouvères et autres trous du c.., ainsi que de danseuses, la mode dégustative de l’époque prônait l’usage exclusif des mains, chacun se servant directement dans les plats. Je sens bien que l’évocation de ces mœurs festives de l’époque mettent l’estomac de certains d’entre vous à rude épreuve mais restez dans vos assiettes, la suite est moins ragoûtante.
C’est alors que la fourchette fît son apparition sur les tables, alors qu’elle n’était, jusque là, que rarement utilisée et uniquement en cuisine. C’est donc à cet instrument que nous devons cette expression lorsque sa présence s’est faite de plus en plus fréquente sur les tables de festins. Cette propagation était en fait, selon les rumeurs de ces siècles obscurs, l’apanage d’une population masculine homosexuel qui, pour mettre un peu de finesse dans ce monde de brutes, ne souhaitait pas plonger leurs mains dans ces plats graisseux et sauceux, et préférait donc utiliser une fourchette. Pour ajouter encore un peu plus de distinction, il faisait en sorte d’assurer un minimum de maintien, pour ne pas risquer de tâcher leurs vêtements, mais aussi pour se distinguer de leurs convives probablement complètement avachis. L’assiette (même origine que « assise ») désigna donc tout d’abord cette position, cette façon de se tenir (droit) à table. L’instrument plat pouvant contenir des aliments compléta, un peu plus tard, la panoplie de ce nouveau mode de restauration et il en pris le nom. Entre-temps, l’expression en question ("ne pas être dans son assiette" pour ceux qui ne suivraient pas) faisait déjà référence à la première utilisation de ce mot en désignant une personne souffrante (du genre pliée en 2 par une gastro) comme incapable d’assurer un maintien convenable pour se sustenter.
Ce que je trouve amusant dans cette histoire, c’est de voire que l’étude de l’évolution des mœurs humaines nous apprend souvent que les « minorités » ont été finalement les déclencheurs et les précurseurs dans des mouvements nécessaires à l’éclosion de notre belle civilisation.
Regardez les hommes politiques, ils sont minoritaires et… oui, en fait, ça c’est plutôt un contre exemple ! Et avec les producteurs d’émissions de télé-réalité ? Zut, ça marche pas non plus ! Aidez-moi, svp !

5 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Ainsi, la prochaine fois que d'une cinglante réplique de mon adversaire je pourrai me trouver désarçonnée et hors mon assiette et que l'on me jettera hors les Assises, je saisirai le fondement de l'expression "se mettre les pieds dans les plats".

Kate

5:43 PM  
Blogger julie70 said...

Votre site, quel régal ! j'aurais envie de le relier au mien : je peux ? (julie70.blogspot.com/) je viens de le découvrir à travers le coyote des neige de celine, je suis un peu fatiguée ce soir, mais je reviendrai lire tout en détail.

2:45 PM  
Anonymous Philippe said...

Je ne suis pas d'accord avec cette origine...

Il faut revenir à l'origine du mot "assiette". Ce mot (toujours utilisé en marine, en aviation et en èquitation) indique l'équilibre (c'est la fonction des caisses d'assiette dans un sous-marin) et la façon dont on se tient assis (équitation) .
Ne pas être dans son assiette, signifie simplement qu'on n'a pas un bon équilibre, qu'on n'est pas stable, d'où "pas en bonne santé".

La désignation d'assiette pour la vaisselle est venue elle-même progressivement avec l'assimilation du fait d'être assis à table à ce qu'il y a sur la table (de même qu'on dit sous mon toit pour dire dans ma maison).

10:41 AM  
Blogger laurentdebx said...

@philippe : Il me semble que nous parlons justement de la même chose. Je croyais indiquer clairement qu'assiette indiquait, à l'origine, une position stable et non pas l'ustensile de table. Ainsi donc ne pas être dans son assiette signifie ne pas être stable (ou ne pas avoir d'équilibre).
Ceci dit, j'espère que cela est plus explicite maintenant.
La confusion provient peut être du plaisir que je prend à "légèrement romancer" les véritables origines, ce qui rend parfois l'explication un peu confuse. Je vous demanderai de ne pas trop m'en tenir rigueur, je suis un "écrivain" maladroit et dépourvu qui fait ce qui peut
Merci beaucoup, toutefois, pour les commentaires et les critiques, ils seront toujours trés appréciés

1:17 PM  
Anonymous Danielle Thérèse said...

Il me semblait comme le dit Philippe que c'était une assiette, une scelle de cheval et que c'était hypique... "la façon dont on se tient assis (équitation)" .
Pauvre bébé (on dit drôle en patois charentais) on lui montrera cette photo pour son mariage ;)
Belle fin de journée
Dany

7:22 AM  

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