Sunday, February 27, 2005

"pas piqué des hannetons", c'est tout moi ça!


Un insecte vigoureux et surtout trés agile! Posted by Hello

Amis lecteurs et lectrices, me voici donc revenu pour affronter de nouveaux défis sous vos yeux aussi critiques que perspicaces et acérés. J’en profite pour vous remercier de vos nombreuses contributions, en promettant de répondre du mieux possible à vos nombreuses, et souvent pertinentes, sollicitations.
J’ai choisi aujourd’hui de répondre à une requête (enfin, disons plutôt un ultimatum) de ma blogamie e-diote, se demandant d’où vient l’expression « pas piqué des hannetons », qui décrit, parfois de manière péjorative ou ironique, quelque chose de parfait, d’intense ou de remarquable. Je ne peux pas lui jeter la pierre d’avoir choisie cette locution dans la mesure où j’y vois une analogie si évidente avec mon blog « pas piqué des vers »,.
Ces deux expressions, quasiment équivalentes et aux origines semblables, sont amusantes car elles ont toutes les deux étaient d’abord utilisées dans leur forme positive pour désigner des étoffes et des bois attaqués par les vers ou des salades aux feuilles abîmées et défraîchies par les hannetons. Elles ont donc très rapidement désigné des choses vieilles, usées et ne valant donc pas grand chose (qu’ais-je entendu au fond de la salle ? comme Sylvie Vartan ? vous n’êtes pas sympa, elle vaut bien au moins un bon fou rire !).
Par opposition, le langage populaire a peu à peu délaisser cette utilisation pour adopter la forme négative à l’encontre de choses vigoureuse, saines, solides, … avec une connotation fortement sexuelle au départ, comme souvent d’ailleurs, puisqu’elles étaientt souvent utilisées à l’égard des jeunes « plantes » fraîches et roses de l’époque. Petit à petit, le sens s’est répandu à toutes sortes de choses, de situations, d’évènements, …
Imaginez maintenant une situation pas très banale du genre vous croisez un mort vivant sortant juste de sa tombe ! Comment décrire cette situation : « piqué des vers » ou « pas piqué des vers » ? Là est la question !

Saturday, February 19, 2005

"passer à la casserole", quelle cuisson voulez-vous?


Bien saisir la casserole par le manche! Sinon, attention aux mains! Posted by Hello

Avant de répondre au deuxième (déjà, que le temps passe vite !) défi déposer au comptoir, je (re)précise que ceux-ci doivent être formulés un par un, sinon je vais être très vite dépassé par les évènements et il me faudrait écrire jour et nuit pour combler toutes vos attentes. Une autre précision, tout aussi primordiale : vous aurez certainement remarqué que j’ai déjà pas mal de difficultés à maîtriser ma langue natale ; mon style, mon vocabulaire et surtout mon orthographe laissent à désirer. Vous comprendrez donc certainement que les défis en « langues étrangères » (notamment le québécois) sont largement hors de mon champs de compétences (et encore je dis champs, mais on pourrait remplacer par potager).
Mais revenons à ce deuxième défi issue d’une liste proposée par mon amie Kate, qui a gentiment et surtout tout à fait « innocemment » proposé l’expression « passer à la casserole ». Celle-ci est en général utilisée pour désigner le moment où, aprés une pèriode plus moins longue, une gente damoiselle accorde finalement ses faveurs sexuelles à un gentilhomme. La casserole semble pourtant évoquer difficilement la poésie d'un acte d’amour partagé, mais c’est en fait la conjugaison de deux expressions qui nous viennent des siècles précédent. La plus ancienne nous éloigne encore plus de la délicatesse des sens car il s’agit de l’expression « faire un tour à la casserole », utilisée au XIXè siècle, pour exprimer un acte médical fort courant, à l’époque où l’hygiène corporelle et le préservatif n’avaient pas encore imprégné les mœurs humaines, le traitement antivénérien.
Cette locution a fusionné avec une deuxième, « faire sautée » qui nous amène carrément dans le grivois puisqu’elle illustre, sans équivoque, la gymnastique imposée par certaines positions sexuelles adoptées en la circonstance.
Le mélange des deux expressions a donc tout naturellement donné l’expression « passer à la casserole »
En ce qui me concerne, étant un spécialiste des plats en sauce bien mijotés, si je devais utiliser cette expression, je dirai plutôt « passer à la marmite », mais bon, je m’égare.

PS : partant dévaler les pentes neigeuses des montagnes pyrénéennes, il ne me sera pas possible pendant quelques jours de répondre aux défis proposer par mon aimable auditoire. Je vous prie de bien vouloir m’excuser de ce malheureux contre-temps (enfin, malheureux pour vous, en ce qui me concerne, je compte bien en profiter). A bientôt donc, et soyez sages en mon absence!

Thursday, February 17, 2005

"toucher du bois", attention aux mains balladeuses!


touché......coulé!! Posted by Hello

PS : tu vois, e-diote, j'ai finalement trouvé une destination (inattendue) à ta photo


Pour la première demande de la nouvelle rubrique inter active « les défis du comptoir », je dois dire que c’est une sacré entrée en "matière" !. C’est donc Julie qui a ouvert le bal avec l’expression « toucher du bois » avec laquelle il me semble qu’elle a touché dans le mille (enfin, tant qu’il ne s’agit pas de toucher l’Emile, l’honneur est sauf, surtout quand vous aurez lu la suite).
Pour honorer cette commande, je me suis donc attelé à la tâche, avec zèle et entrain, en sollicitant ma documentation fournie ainsi que mes sources « occultes ». Très vite (oui, je commence à avoir l’habitude), je trouvai l’origine de cette locution désignant la superstition selon laquelle tout contact avec un morceau d’arbre, qu’elle qu’en soit la forme, permettrait, sinon de provoquer la réussite, au moins de repousser la malchance.
L’homme étant basiquement trivial, obsédé et ayant remplacé depuis longtemps son cerveau pas son appareil génital, c’est bien à ce dernier que l’on doit cette expression/superstition. L’explication est on ne peut plus simple, la population masculine de cette planète est, dans une large majorité, persuadée que la fonction érective est sa principale source d’inquiétude , donc, si celle ci est opérationnelle, rien d’autre ne pourrait altérer ni atteindre son état de perfection. D’une certaine façon, l’homme qui se touche et constate la solidité évidente ( analogue à celle du bois) et donc le bon fonctionnement de ses attributs, peut être rassuré et considéré comme protégé de la mauvaise fortune.
Mon problème dans tout ceci, c’est que la prochaine fois qu’une femme, souhaitant attirer la chance, dira en public : « je touche du bois », il me sera difficile de garder toute ma sérénité.
Je sens déjà que la salve de commentaires provenant de mes lectrices féminines devrait être assez fournie mais j'espère peut être y échappé, enfin, je touche du bois.

Wednesday, February 16, 2005

"Mettre les pieds dans le plat", je vous dérange?


qui est déjà passé avec ses gros sabots? Posted by Hello

Une de mes éminentes lectrices, commentant un article précédent sur les assiettes, a employé une expression qui semblait de circonstance : « mettre les pieds dans le plat ». Il est effectivement aisé de penser que celle-ci a des accointances particulières avec une salle à manger. J’aurai probablement eu moi aussi cette certitude, mais mon apprentissage récent de l’étude des locutions et expressions m’a montré qu’il faut se méfier des apparences. Bien m’en a pris car, après vérification, j’ai découvert que mettre les pieds dans le plat ne désigne rien ayant un rapport quelconque avec la nourriture, ou bien, si c’est le cas pour vous, il faudra consulter rapidement un spécialiste de la diététique (voire du cerveau).
L’approche de cette expression nécessite de connaître un mot du vieux français, tombé en désuétude, le plat. Celui-ci désignait une étendue d’eaux claires, plates et peu profondes. Le genre de grandes flaques, étangs voire de marais avec un fond un peu vaseux qui, dés que l’on y marche (même avec grâce et légèreté), se soulève, se mélange à l’eau et forme une boue opaque. Mettre les pieds dans le plat consiste donc à déranger un ordre établi et le remplacer par la pagaille comme une eau claire devient trouble lorsque l’on y met ses petits petons.
Pour compléter ce charmant tableau, je signalerai que l’action d’agiter les pieds dans l’eau se traduit, en provençal, par le verbe « gaffer » qui a donc donner « faire une gaffe », expression qui semble assez proche de celle du plat.
J’espère que mon histoire ne tombe pas trop à plat, sinon je fais finir complètement trempé !

LES DEFIS DU COMPTOIR

J'ai décidé aujourd'hui - de toute façon je suis chez moi, je fais ce que je veux - d'incorporer à ce blog une partie inter-active. Vous pourrez donc proposer des expressions à mes crocs ascérés. Attention, pour chaque proposition, je ne peux que promettre de faire de mon mieux et il n'est pas sur qu'il y aura à chaque fois matière à rire.
La procédure est simple, il vous suffit de laisser l'expression choisie en commentaire de ce post, puis de patienter jusqu'à la parution de l'article correspondant. De grâce, une seule expression à la fois, je n'ai qu'un clavier.

Monday, February 14, 2005

"Porter un toste", à la tienne Etienne


toast de prétentieux. de toute façon, ce n'est pas la taille qui compte! Posted by Hello

« porter un toast » ou « porter un toste », il me semble, lorsque vous en connaîtrai l’origine, que vous serez d’accord avec moi pour que l’on accepte, sur cette expression, les deux orthographes. C’est effectivement un mot, qui comme beaucoup d’autres, à fait quelques aller retour entre les langues française et anglaise avant de prendre la forme que nous connaissons aujourd’hui.
Au tout début, le tostée était un mot de l’ancien français désignant un morceau de pain rôtie qui permettait d’accompagner certains breuvages, alcoolisés ou pas. C’était certainement une façon de faire passer un peu mieux des soupes fades ou de vins dignes des meilleures piquettes, ou bien une façon de faire passer le pain dur, plus sûrement, le pain et la boisson s’accompagnaient mutuellement pour faire passer le tout.
Toujours est il que ces petits pains grillés traversèrent la manche (à la nage ?) pour se retrouver sur les tables britanniques. Les sujets de la reine prirent donc aussi l’habitude de tremper leur toast dans leur vin avant de le boire. Ayant une imagination très fertile, ils inventèrent avec cette coutume un de ces rites masculins d’une élégance et d’un raffinement que seules peuvent envier aujourd’hui des émissions du genre « l’île de la tentation » ou « greg et le millionnaire ». Cette petite cérémonie ne réunissant que des hommes buvant un verre ensemble, consistait, lorsque l’un d’entre eux avait des vues sur une damoiselle, à faire vœux de « santé » pour la future promise tout en faisant évaluer cette dernière par ces camarades de beuverie. Plus précisément, un morceau de pain grillé était déposé dans un verre d’alcool et il devait faire le tour de tous les mâles présents, chacun devait y goûter et le dernier porteur, celui concerné par l’affaire, mangeait le toast. S’en suivaient vives discussions et débat, avec la finesse que l’on peut imaginer, pour savoir si la dame était « toastable » ou pas.
Finalement, ces anglais seraient ils plus grivois que l’on ne pourrait le penser au premier abord ?

Sunday, February 13, 2005

"mettre le couvert", à table, enfin, aprés vous!


Cela n'ont pas besoin d'assiettes, ils sont déjà bien atteinds Posted by Hello

Après l’expression précédente sur les assiettes, il m’a semblé logique de compléter la série culinaire avec « Mettre le couvert ». Une expression qui semble si banale et innocente se dit-on, aucun risque de débusquer quelconque moyen de se réjouir en retrouvant son origine. Malgré tout, celle ci ne manque pas de « sel », ou plutôt dois je dire d’arsenic ; déjà parce que cette expression n’a rien à voir, contrairement aux apparences, avec les ustensiles que nous mettons aujourd’hui sur les tables, couteaux, fourchettes, verres, serviettes…
Il faut de nouveau remonter aux temps anciens pour bien comprendre la source du mot couvert, cette époque où les puissants réglaient la chose politique à coups de noces et de banquets bien arrosés. Les repas étaient souvent l’occasion de faire avancer (voire reculer) l’histoire, et beaucoup en profitaient pour accomplir des basses besognes aussi vils que fourbes, comme faire passer de vie à trépas toutes personnes gênantes ou concurrentes.
Le moyen âge n’ayant pas encore inventé la lobotomie télévisuelle par les émissions du style « la méthode Cauet » ou « le loft », il restait aux intrigants une technique très efficace pour éliminer leurs adversaires : l’empoisonnement.
Pour faire face à cette menace, les princes et les ducs se faisaient servir nourritures et boissons sur des plats ou dans des verres recouverts d’une protection. Ils pensaient que cela éviterait toutes tentatives de verser un peu d’arsenic entre les cuisines et la salle à manger. La table était donc mise couverte, ce qui est devenu ensuite mettre le couvert. Par la suite, l’homme ayant inventé des techniques bien plus sophistiquées pour éliminer son prochain, le poison ce démoda et les plats furent servis à découvert ; mais l’expression resta.
La précaution seraient d’ailleurs bien inutiles aujourd’hui, tout aussi inutiles que de verser un poison tant la nourriture que l’on veut nous forcer à manger aujourd’hui est déjà suffisamment efficace pour nuire à notre santé.

Thursday, February 10, 2005

"Ne pas être dans son assiette", beurps! Pardon!


Un doute m'habite! Où est passée la fourchette? Posted by Hello

L’origine de l’expression « ne pas être dans son assiette » est intéressante à plusieurs titres. Effectivement, celle ci désignant un état de santé provisoirement précaire, cette évocation de l’ustensile de cuisine, pourrait nous faire penser qu’elle a vu le jour par association avec les talents culinaires improbables de certains membres de la grande famille des cuisiniers. Que nenni ! Celle ci n’a (pratiquement) pas de rapport avec le contenu, ni même avec le contenant.
Pour bien comprendre, il faut vous imaginer au moyen âge, lorsque seigneurs et chevaliers festoyaient et ripaillaient sur de grandes tables remplies de plats aussi subtiles et raffinés que des sangliers rôtis, des moutons embrochés, des cuisses de bœuf grillées, tout cela accompagné d’une bonne petite piquette de l’époque ! Pour ajouter à la convivialité ambiante, déjà bien chauffée par les troubadours, trouvères et autres trous du c.., ainsi que de danseuses, la mode dégustative de l’époque prônait l’usage exclusif des mains, chacun se servant directement dans les plats. Je sens bien que l’évocation de ces mœurs festives de l’époque mettent l’estomac de certains d’entre vous à rude épreuve mais restez dans vos assiettes, la suite est moins ragoûtante.
C’est alors que la fourchette fît son apparition sur les tables, alors qu’elle n’était, jusque là, que rarement utilisée et uniquement en cuisine. C’est donc à cet instrument que nous devons cette expression lorsque sa présence s’est faite de plus en plus fréquente sur les tables de festins. Cette propagation était en fait, selon les rumeurs de ces siècles obscurs, l’apanage d’une population masculine homosexuel qui, pour mettre un peu de finesse dans ce monde de brutes, ne souhaitait pas plonger leurs mains dans ces plats graisseux et sauceux, et préférait donc utiliser une fourchette. Pour ajouter encore un peu plus de distinction, il faisait en sorte d’assurer un minimum de maintien, pour ne pas risquer de tâcher leurs vêtements, mais aussi pour se distinguer de leurs convives probablement complètement avachis. L’assiette (même origine que « assise ») désigna donc tout d’abord cette position, cette façon de se tenir (droit) à table. L’instrument plat pouvant contenir des aliments compléta, un peu plus tard, la panoplie de ce nouveau mode de restauration et il en pris le nom. Entre-temps, l’expression en question ("ne pas être dans son assiette" pour ceux qui ne suivraient pas) faisait déjà référence à la première utilisation de ce mot en désignant une personne souffrante (du genre pliée en 2 par une gastro) comme incapable d’assurer un maintien convenable pour se sustenter.
Ce que je trouve amusant dans cette histoire, c’est de voire que l’étude de l’évolution des mœurs humaines nous apprend souvent que les « minorités » ont été finalement les déclencheurs et les précurseurs dans des mouvements nécessaires à l’éclosion de notre belle civilisation.
Regardez les hommes politiques, ils sont minoritaires et… oui, en fait, ça c’est plutôt un contre exemple ! Et avec les producteurs d’émissions de télé-réalité ? Zut, ça marche pas non plus ! Aidez-moi, svp !

Wednesday, February 09, 2005

"Proposer la botte", engagez vous, qu'il disait, engagez vous!


excitant, n'est il pas?! Posted by Hello

L'expression d'aujourd'hui n'est pas pour redorer le blason de la gent masculine puisqu'elle évoque les façons parfois cavalières, voire même goujatières, d'un homme empressé demandant expressément les faveurs sexuelles d'une damoiselle. Ce comportement supposé viril peut donc définir l'expression "proposer la botte", mais je ne suis pas sûr, qu'une fois l'article achevé, vous n'ayez pas quelque doute sur la prétendu virilité d'une telle attitude.
L'origine de l'expression n'est pas sans rappeler non plus quelques stéréotypes à la vie dure qui sévissent encore de nos jours. En effet, tout a commencé dans l'Italie du XVIIIè siécle, plus précisemment à Florence, une ville qui fit sa réputation grâce aux nombreux artistes qu'elle abritât et qu'elle fît connaître dans le monde entier. Cette citadelle de la culture, grouillante de peintres, de sculpteurs et de musiciens, fût trés vite, parfois par la jalousie, souvent par la bêtise, raillée par le reste de l'Italie, voire le reste de l'Europe, car on lui donna la réputation de n'abriter qu'une population d'artistes illuminés mais surtout tous homosexuels. Avec la finesse que vous pouvez deviner, l'idée fît son chemin et ainsi, il fût donné, dans le "kamasutra" de l'époque, un nouveau nom aux pratiques sodomites : "la botte florentine"!
La suite est encore plus intéressante, cette "botte" avait pour l'époque une consonnance trés militaire puisqu'elle évoquait une partie de la panoplie des soldats de cette pèriode, les mousquetaires, ainsi qu'un geste d'escrimeur, une parade. Donc tout naturellement, cette expression glissa (au sens figuré bien sûr) dans le vocabulaire des armées pour désigner certaines pratiques sexuelles des armées en campagne, où la promiscuité et le temps à tuer devaient favoriser certains échanges. Même si aujourd'hui cette expression, devenue "proposer la botte", désigne un comportement plutôt hétérosexuel, on retrouve encore son utilisation dans certains témoignages de légionnaires de la première moitié du XXe siècle. De là à faire un rapprochement avec l'expression "Barbecue" traitée un peu auparavant, il n' y a qu'un pas que je n'ose franchir, la chèvre a suffisamment souffert comme ça!

Monday, February 07, 2005

il vous "manque une case"? encore faut il savoir compter!


Il devait être fort en géographie ce type! Posted by Hello

Toujours intéressé pour trouver des histoires truculentes nous laissant en héritage des expressions courantes, je dois dire que pour celle-ci, je n’ai pas été déçu, lisez plutôt, ça vaut son pesant d’or !
En 1758 en Autriche, un petit garçon naissait (pas loin de chez Sissi, comme quoi !), il s’appelait Frans Josef Gall et il avait un brillant avenir de savant devant lui. Effectivement, nous devons à cet homme illustre l’invention, au début du XIXe siècle, d’une science révolutionnaire : la phrénologie. En quoi cela consiste ? Tout simplement à découper (au sens figuré) le cerveau en plusieurs morceaux et attribuer à chacun d’eux une fonction. L’idée ne semble pas si mauvaise au départ puisque nous savons aujourd’hui qu’il y a effectivement plusieurs zones distinctes dans notre cervelle mais il faut imaginer sur quelles genres de preuves scientifiques, à l’époque, on pouvait appuyer ces affirmations. D’autant plus que cet homme, généreux dans l’effort et la créativité, ne dénombra pas moins de 38 divisions géographiques de notre si complexe encéphale dont je vous livre quelques exemples :
case n° 10 : l’estime de soi ,
case n° 13 : la bienveillance,
case n° 14 : la vénération,
case n° 15 : la fermeté,
case n° 17 : l’espérance,
case n° 18 : la merveillosité,
case n° 19 : l’idéalité,
case n° 20 : la gaieté,…
Pour compléter le tableau de ce découpage précis, ce charlatan expliqua que les différentes formes de la boîte crânienne pouvait mettre en évidence certaines caractéristiques et capacités intellectuelles des individus ; du genre, puisque l’intelligence est situé à l’avant du cerveau, avoir le front haut est plutôt bon signe.
En tout cas, je pense que vous aurez compris vous même, sauf si on vous a enlever les cases 4, 12, 27 et 32, l’origine des expressions « avoir une case vide » ou « manquer une case ».
D’autres expressions ont d’ailleurs, elle aussi, cette science comme origine : « avoir la bosse des maths », « la bosse du commerce », …
Je dois quand même préciser, que ce type a été plus ou moins éjecté de son pays natal, où l’on trouvait ces idées un peu farfelues, et après plusieurs vaines tentatives dans différents pays européens, il atterrit finalement en France, où il connût bien sûr son heure de gloire , Balzac, lui même, fût un de ces plus fervents adeptes.
Je me sens la tête plus légère tout d’un coup, qu’est ce qui m’arrive ?
Eh ! Numéro 8, reviens ici tout de suite, c’est pas l’heure de manger !



Saturday, February 05, 2005

"Faire un bide", ça ne m'ai jamais arrivé, promis!


C'est pas un bide total, y en a au moins un qui rigole Posted by Hello

L'origine de l'expression "faire un bide" n'est pas en soi supra extraordinaire mais elle invoque une contradiction que je trouve personnellement intéressante.
Situons tout d'abord le contexte : imaginez le théatre d'antan (car c'est naturellement de cet art dont l'expression est tirée), celui où les comédiens vivaient une véritable aventure, parcourant villes et villages dans des roulottes brinquebalantes, pour jouer sur des places de marchés et ainsi apporter divertissement et culture (les deux ne sont pas incompatibles) à un public aussi populaire et prompt à la rigolade qu'exigeant sur la qualité comique de la pièce et des acteurs.
Le style théatrale de l'époque, adapté aux conditions techniques existantes, était coloré d'une finesse que seuls peuvent lui envier aujourd'hui certains animateurs de radio FM ou de télévision (voire les deux). Pour être plus précis, l'ingénieur du son n'ayant pas encore fait son apparition, les effets comiques étaient souvent accompagnés de mimiques aussi burlesques que grotesques, les tirades étaient plus criées que déclamées et supportées mal de contenir plus d'une phrase.
Je vous donne un exemple pour que tous les amoureux de théatre se rendent bien comptent du chemin parcouru depuis :
La femme : "CIEL! MON MARI!"
Le mari : "GARCE! JE TE TUERAI!
L'amant : "NON,PITIE! JE PARS!
Pour bien comprendre la mise en scène, il faut, pour finir, que vous imaginiez, le mari qui rentre en trombe, défonçant la porte, rouge de colère avec un fusil à la main et un amant qui se faufile entre la femme et le mari, tel une anguille et qui se précipite vers la porte, l'ouvre et pars en courant. Dans les standards de l'époque, vous avez ici tous les ingrédients pour faire se tordre de rire toute l'assemblée : une histoire simple, une entrée en scène fracassante et une sortie tout aussi remarquable. Pour les spectateurs du dernier rang, ce début et cette conclusion lui permettent de suivre toute l'intensité dramatique malgré des dialogues certainement inaudibles de leurs fauteuils. Par contre, si par malheur le mari venait à trébucher en entrant dans la chambre de sa femme adultère ou si l'amant s'accrochait les pieds dans les draps en tentant de s'échapper, l'un ou l'autre tombait et finissait sur le ventre ; le code théatral étant rompu, la situation devenait alors incompréhensible pour les spectateurs et l'effet comique prévu tombait à plat. Le ventre étant traduit en argot comme un bidon, on disait de l'acteur maladroit qu'il avait fait un bidon, qui s'est transformé plus tard en faire un bide.
Je vous ai parlé au tout début de contradiction. Il me semble effectivement qu'une telle scène aurait bien du mal à faire naître aujourd'hui, ne serait-ce qu'un début de sourire chez la plupart de nos contemporains (sauf bien sûr les animateurs cités plus haut). Par contre, je pense que beaucoup trouveraient désopilant un mari ou un amant qui s'écroulent, le premier tuant sa femme dans sa chute, par un coup de fusil malencontreux, le deuxième s'éclatant le crâne contre la tête de lit.
Comme quoi, tout est relatif!
(Je sais, c'est une conclusion complètement nulle mais c'était justement pour finir ma démonstration sur l'art et la manière de faire un bide!)

Thursday, February 03, 2005

"Avoir un ticket", j'attend toujours le mien!


jolie décolleté! Posted by Hello

Avant de développer mon explication sur l’origine de l’expression « avoir un ticket », je souhaiterai éclaircir un point afin d’éviter d’être la cible de la levée de boucliers qu’occasionnera certainement la fin de cet article. Je ne suis qu’un messager ! Les expressions sont créées par la « sagesse populaire », qui transporte le langage et le fait évoluer à travers le temps. C’est d’ailleurs ce qui rend ce sujet si passionnant !
« Avoir un ticket » pourrait nous faire croire, dans un premier temps, à un rapport avec le ticket de cinéma. Il serait facile de penser qu’une belle fille montrant ostensiblement une attirance pour un être du sexe opposé (ou pas d’ailleurs) conduirait l’objet de sa convoitise à prendre la belle par le bras pour la mener sur le champs dans une salle de cinéma, de préférence de type « arts et essais ». Qui pourrait pourtant croire une chose pareille possible ? Le romantisme masculin étant ce qu’il est, dans le meilleur des cas, elle se verra proposer un verre, histoire de faire connaissance, enfin au moins échanger les prénoms.
L’expression provient en fait de la même période que l’article précédent, la deuxième guerre mondiale, ainsi que des années qui suivirent. Le ticket dont il est question est en fait celui du rationnement, ces petits bouts de papiers qu’utilisaient nos aïeux pour se rendre dans les différents commerces alimentaires. Ces tickets, par leur rareté, étaient très précieux et suscitaient beaucoup d’envies et de convoitises.
L’époque était donc difficile et les motifs de satisfactions plutôt rares. Une femme qui montrait son attirance pour un homme procurait à ce dernier une joie immense et inattendue, presque aussi grande que celle de trouver un ticket de viande !!!
Ne jugez pas trop vite la rudesse sentimentale de mes ancêtres masculins, parfois la « faim » justifie les moyens !!!
Ne devrait on pas plutôt dire aujourd'hui "avoir un ticket-resto"?

Wednesday, February 02, 2005

"Coincer la bulle", concerné ?!


chut!!!! attention à ne pas réveiller Derrick!!! Posted by Hello

Une de mes camarades blogtrotters me faisait remarquer récemment que les québecois(ses) sont maîtres en matière de vocabulaire désignant le fait de ne rien faire ("se pogner le cul" par exemple). N'ayant pas d'argument à l'époque, je suis resté coi et j'ai rangé ma verve (attention à la faute de frappe, le "g" et si prés du "v" sur le clavier!), d'habitude plus prompt à relever ce genre de remarque chauvine. Voici aujourd'hui, en léger différé, je le confesse, ma double réplique.
Tout d'abord, je voulais signaler à l'aimable assistance que nous sommes (enfin probablement, information non vérifiée, je n'ai pas que ça à faire) le seul pays au monde à avoir une fédération nationale de la sieste !

Et puis, j'ai pensé à une de nos expressions populaires évoquant ces rares moments d'inactivités intenses : "coincer la bulle". L'explication de son origine, pensais-je, permettra de répondre fièrement au défi qui m'avait été lancé par mon ami quebecoise, et ainsi lui clouer le bec.
Résultat? Autant tendre le bâton pour se faire battre, l'explication de cette expression évoque le pire épisode du "génie stratégique militaire" français : la ligne maginot de la seconde guerre mondiale. Lorsque cette "barrière infranchissable" fut érigée le long de la frontière allemande, une des armes les plus utilisées de l'époque était le mortier. Celui-ci devait être installé de façon a être bien calé et d'aplomb ; il disposait pour cela d'un niveau intégré, c'est à dire une bulle indiquant la position de l'engin par rapport au sol. Lorsque la bulle indiquait que le mortier était en bonne position, le militaire n'avait plus qu'à attendre l'ennemi, sa bulle était coincée! L'attente fût longue, vaine et surtout oisive ce qui donna l'expression coincer la bulle!
Sur ce, je vais rejoindre mon hamac et méditer sur ma prochaine production.


J'ai pourtant tout essayé

j'ai triché, tenté de corrompre le webmaster, menacé de faire exploser le site, imploré les dieux "Geek", rien à faire, e-diote est décidemment la plus grande Nerd que je connaisse.
Vivement le prochain test, je vais m'entraîner et au moins essayer de rattraper coyote!


I am nerdier than 58% of all people. Are you nerdier? Click here to find out!


J'entend d'ici les sarcasmes de certains d'entre vous, gardez votre salive épistolaire, je ferai fi de vos remarques narquoises!